Kiss Kiss Bang Bang -1

« Bang Bang, He shot me down »

Ça n’en a pas l’air, mais cette fois un article tout ce qu’il y a de plus sérieux, sur le syndrome de Kiss, qui, oui, m’a réellement mise à terre!

Si tu ne connais pas ce syndrome, Google est ton ami et pourra t’expliquer mieux que moi de quoi il en résulte et de manière beaucoup plus scientifique, avec le terme allemand et tout et tout!

Ici, je vais me contenter de te raconter mon vécu de maman, t’expliquer mon, enfin notre expérience personnelle! Je veux détailler ce que nous avons traversé dans l’espoir que cela puisse aider d’autres parents, d’autres enfants…

Je te préviens ça va être long, donc si tu n’en as rien à foutre c’est le bon moment pour fuir!

Il y a la vie avant le traitement;

Bébé de 4,120 kilos né en moins de 5 heures, détail ou pas? D’après toutes mes recherches le poids du bébé et la vitesse de l’accouchement peuvent être un « facteur de risque ».

Dès la naissance j’ai trouvé que ma fille était « tordue », à chaque fois que je la couchais sur le dos c’était frappant: elle était en forme de C! D’ailleurs, petit détail, mais ses langes étaient toujours souillés au même endroit, toujours d’un seul côté de la couche! Elle tournait également toujours la tête du même côté et gardait en permanence ses petits bras en « chandelier ».

Consciente de la violence que peut représenter une naissance, j’ai dans la semaine qui a suivi l’accouchement emmené ma toute petite chez l’ostéopathe.

C’est impressionnant ces manipulations sur un si petit bébé, j’ai failli lui arracher ma fille des bras et m’enfuir en le traitant de débile profond! J’ai pris sur moi, j’ai lâché 80€… Et j’ai été forcée de constater que dès le lendemain mes crevasses aux seins commençaient à disparaître!

Visiblement elle était libérée d’une tension quelconque et arrivait à téter de manière plus adéquate, pour elle et pour moi. Mais elle gardait toujours ses petits bras en l’air et la tête vers la droite… Je l’appelais « mon petit hiéroglyphe »!

Le médecin que j’ai vu m’a dit que ça allait passer… Mais mon instinct me disait autre chose, alors j’ai été voir un autre ostéopathe.

Elle avait un mois et demi quand je suis allée le voir, celui-ci il m’a raconté beaucoup de vérités sur sa si petite vie à elle, sur sa vie dans mon ventre, celle sur terre et celle à venir. Cet ostéopathe a fait beaucoup de parallèles avec un éventuel aspect « psychologique » ce qui m’aura arraché quelques larmes et 50€… Dès mon retour à la maison, ma fille tournait sa tête des deux côtés ce qui était une victoire pour nous!

Ses bras par contre sont toujours restés dans leur position initiale. Et puis j’ai commencé à remarquer que l’une de ses jambes était toujours repliée lorsque je la mettais en portage et là, j’ai commencé à fouiner sur le net…

Je suis rapidement tombée sur des forums et des sites parlant du syndrome de Kiss, les photos que je pouvais y voir m’ont interpellée: c’était exactement la même chose que ma fille! Les mêmes positions, les mêmes problèmes…

J’en ai parlé autour de moi et tout ce que j’ai eu comme réaction c’était quelque chose du genre « elle va bien, arrête de chercher des problèmes là où il n’y en a pas! ». Je n’avais moi-même jamais entendu parler du Kiss avant cela et je pensais à tort, que oui c’était sans doute encore un truc à la mode… Alors j’ai fermé le chapitre « Kiss » et je suis retournée à ma vie normale avec mon bébé normal.

Au fond de moi je la sentais toujours cette différence de ma louloute, j’ai eu 2 enfants avant elle alors je pense savoir reconnaître quand quelque chose est « normal » ou pas. Oui j’ai comparé son développement avec celui de ses frères bien que tout le monde dise qu’il ne faut pas comparer, que chaque enfant évolue à son rythme.

J’ai continué à regarder sur internet mais de loin, j’en revenais à chaque fois au syndrome de Kiss ou sur des forums parlant des « BABI » (=bébé aux besoins intenses) ce que je trouvais absurde car à mon sens, tous les bébés sont des « BABI », non?!

Ma fille a continué de grandir et j’ai continué de lutter avec elle… J’ai pu objectiver un tas d’autres choses, j’en partage quelques unes avec vous;

– Position droite impossible en portage, que je la porte de face ou de côté, elle est complètement tordue! Comme si elle voulait se pencher…

– Toujours une jambe, la même, repliée, comme s’il lui était impossible de la tendre

– Elle n’est jamais jamais détendue, même dans le bain elle est crispée, avec un bras (toujours le même) qui garde sa position de chandelier même dans l’eau.

– L’habiller relève du défi! Les vêtements à manches courtes sont mes amis! J’avoue qu’elle est presque toujours en pyjama par souci de facilité et de confort pour elle! Ses bras sont très difficiles à tendre pour enfiler des manches, systématiquement elle pleure, comme si cela lui provoquait une véritable douleur…?

– Elle ne supporte pas être couchée sur le ventre, à 6 mois elle se retourne sans problème depuis déjà plusieurs mois mais déteste absolument y rester! Elle est d’ailleurs dans une position de saut en parachute lorsqu’elle est sur le ventre.

– Elle se tient souvent la tête avec sa main, toujours du même côté, d’ailleurs elle s’arrachait les cheveux à cet endroit là pendant tout un moment.

– Elle ne supporte absolument pas d’être couchée sur le dos et ne supporte pas non plus son maxi cosi! Dormir en voiture? Un doux rêve…!

– Elle cherche à être assise depuis qu’elle a 2 mois et demi, seule position qu’elle a l’air d’apprécier.

– Alimentation solide impossible! Il lui a fallu du temps avant de manifester un réel intérêt pour la bouffe et même lorsque j’ai attendu qu’elle soit prête pour lui proposer des compotes qu’elle avalait avec envie, elle finissait malade comme un chien!

– Tête en hyper extension en permanence, à la maternité j’entendais déjà « hooo comme elle tient bien sa tête! ».

– Endormissement terriblement difficile, elle semble chercher désespérément une position qui lui convienne et cela ressemble souvent à une position sur le côté avec la tête rejetée en arrière.

– Elle déteste les câlins et les contacts de face!

Voici quelques exemples de choses qui mises l’une derrière l’autre m’ont fait réaliser qu’il y avait bien quelque chose qui n’allait pas!

En plus, elle souffre d’un RGO carabiné qui lui a valu une hospitalisation alors qu’elle avait 2 mois pour mauvaise prise de poids!

Il semblerait qu’elle souffre également d’allergies alimentaires…

Finalement, je lui fais confiance; l’allaitement maternel a l’air d’être la seule chose qui lui convienne actuellement! Elle est petite mais elle sait ce qui est bon pour elle, les bébés fonctionnent à l’instinct, eux!

Après avoir listé toutes les petites perturbations chez ma fille, j’ai pris contact avec un dernier ostéopathe spécialisé dans le syndrome de Kiss. Je lui ai expliqué tous les problèmes que nous rencontrons et il nous a fixé un rendez-vous rapidement afin que l’on puisse la soulager, et accessoirement moi aussi…

Parce qu’au final on parle de l’enfant qui souffre, mais crois-moi le parent il en chie grave aussi!

D’une part tu es totalement impuissant face au mal-être de ton enfant, d’autant plus que tu ne sais pas ce qui lui arrive et visiblement personne n’a l’air de savoir. C’est très dur de voir son enfant souffrir, car ne ce ne sont pas des caprices, phrase qui revient très souvent également! Quand tu as le sentiment d’avoir tout essayé et que rien n’a l’air d’améliorer la situation c’est usant! Déstabilisant! Décourageant!

D’autre part, il y a la fatigue physique. Oui, un enfant qui est en souffrance a besoin du contact de ses parents pour au minimum se sentir apaisé, c’est donc un bébé qui est en demande permanente! Comme c’est un bébé qui souffre et qui n’arrive pas à trouver de position pour se sentir bien il dort très peu et se réveille très souvent en hurlant! Quand en plus de ça c’est un bébé qui ne s’alimente que par sa maman c’est particulièrement fatiguant.

Ça fait six mois que je vis comme ça, que nous vivons au rythme de ma fille. Dès qu’elle dort enfin plus aucun bruit n’est toléré sinon elle se réveille en sursaut! Comme elle ne dort que par 30 minutes on s’efforce tous de la respecter et parfois c’est chiant, osons le dire!

Cet article était long, mais j’ai voulu détailler au mieux ce que nous avons vécu afin d’aider d’autres parents à comprendre ce qui se passe avec leur tout petit.

Je dirais une dernière chose; écoutez-vous bordel !! On en parle que trop peu, mais l’instinct maternel est à mon sens le meilleur symptôme!!

Advertisements

Bref, je vais être doula

Les mamans, les futures mamans, celles qui ne le seront jamais, celles qui attendent, qui en rêvent, celles qui en ont fait le deuil ou vont devoir le faire… Ces femmes je les aime, je les aime toutes et être à leurs côtés dans ces moments précieux de leur vie est une véritable vocation pour moi.

J’ai longtemps cherché ma voie professionnelle même si j’ai toujours senti que c’était en lien avec la parentalité sans jamais vraiment pouvoir le définir… C’est pour cette raison que je me suis cassée la gueule en commençant des études de sage-femme, pour cette raison que j’ai fait 2 années d’études de puériculture et aussi pour cette raison que j’ai suivi une formation d’accompagnement à la naissance étalée sur un an… Et ce que j’ai fait là, je l’ai toujours réalisé avec 2 enfants et en partie après un divorce, et donc seule.

J’ai toujours eu les outils nécessaires en moi mais j’ai également toujours manqué de confiance, me trouvant toujours une excuse meilleure que la précédente…

Puis un matin tu te lèves et t’as le déclic!

J’ai décidé de vivre la vie que je voulais réellement vivre, j’ai choisi de vibrer, je veux que mon job m’anime. Je veux être heureuse et l’apaisement de celles dont je croiserai la route…

Aujourd’hui j’ai finalisé ce que j’avais commencé il y a 7 ans!

Il y a 7 ans j’ai suivi la première formation ici en Belgique pour devenir doula et pendant toutes ces années j’ai mûri ce projet sans oser me lancer.

Aujourd’hui j’ai remis mon travail écrit de fin de formation, j’ai échangé longuement sur ce sujet avec ma « Marraine » et au bout de presque 3 heures elle a prononcé les mots magiques; me voici officiellement doula en stage!

Tu te dis sans doute « hein quoi? Une doula? C’est quoi? »

Pour te répondre très brièvement c’est une accompagnante à la naissance mais pas que! C’est une femme en soutien à une autre femme, qui n’a aucune compétence médicale, aucune et c’est important de le souligner!

Pour faire simple c’est une femme que l’on devrait toutes avoir à nos côtés durant notre vie de femme; la grossesse, la naissance, l’allaitement, le deuil périnatal…

Aujourd’hui je me sens suffisamment en confiance avec moi-même que pour en accompagner d’autres. Aujourd’hui je me sens les épaules d’accueillir les émotions et les interrogations d’autres femmes.

L’accompagnement à la naissance a longuement été un rêve pour moi, aujourd’hui il se transforme en réalité.

Avant de me prononcer officiellement doula en exercice je me dois de réaliser un stage, c’est à dire trois accompagnements différents et tu peux pas savoir comme j’ai hâte!

Stress, joie, excitation, confiance, sérénité et peur… Tout se mélange! Mais ça me fait tellement vibrer de sentir que je prends le chemin de celle que je veux être depuis longtemps..

Il aura fallu quelques années, mais je suis exactement là où je devais être.

Merci la vie!

Baby on board

Je l’ai fait! Plus de 700km en voiture avec un bébé. Pas un tout petit bébé qui passe plus de 20 heures par jour à dormir, non, ça aurait été trop facile! Un bébé de presque 6 mois qui est donc plus souvent conscient que l’inverse…

Je ne pense pas être une Wonder Woman suite à cette expérience, c’est plutôt ma fille le Wonder Baby, mais je voulais partager brièvement notre petite expérience… Trop de parents s’interdisent bon nombre de plaisirs de la vie sous prétexte qu’ils ont un enfant. J’ai un concept bien à moi de la parentalité: j’avais une vie avant mes enfants, j’en aurai une après!

Donc bref, concrètement?

Je vais pas te refaire un topo sur les règles de sécurité de base (siège auto conforme, pare-soleil, poids du chargement réparti correctement, etc), par contre juste un petit rappel: Tout ranger dans des sacs ou des valises, ne rien laisser traîner car en cas de choc, même léger, un objet anodin peut se transformer en projectile dangereux!

Voyager de nuit ou de jour? Alors j’ai envie de te dire que toi seule connais ton bébé, ses horaires, sa patience, sa capacité à rester à ne rien faire en voiture… J’ai fait un trajet de nuit (départ à 3h30) ce qui nous a permis de rouler 3 heures non stop avec tous les gosses qui dorment, plutôt appréciable! Pour le retour, on a choisi de reprendre la route dans la fin de matinée et le trajet s’est très bien passé aussi.

Mon avis? J’ai trouvé le trajet de jour moins fatiguant. Pour moi d’une part mais pour bébé aussi, à l’arrivée à la maison, un bain, une tétée, au lit et hop la voilà ko et sereine pour sa nuit. Le trajet de nuit impliquait d’être au taquet à l’arrivée, avec en plus l’adaptation d’un nouvel endroit, l’excitation de tous, à 18h je dormais debout… ^^

D’un point de vue pratique, avoir à portée de main un petit sac à dos avec le nécessaire pour le change en suffisance ainsi qu’une tenue de rechange, quelques jouets mais aussi quelque chose de nouveau, c’est pas mal je trouve de captiver bébé par la découverte d’un nouvel objet, ça devrait l’occuper un moment en cas d’impatience! En ce qui nous concerne c’était un biberon d’eau, le gros kiffe! 😂

En dehors de ça, penser à faire des pauses… Ça paraît évident mais tout le monde n’y pense pas donc bon! J’avais pris une couverture épaisse pour pouvoir la coucher à plat dos (ou ventre) lors des pauses, ça détend quand même ce tout petit dos qui reste recroquevillé dans ce siège et puis ça permet à bébé de se dépenser un peu! Baby ko = gros dodo = ça roule Raoul!

Ce ne sont que de simples petits conseils suite à mon expérience… Mais si tu es parent déjà tu sais aussi qu’il faut penser aux repas de bébé, éventuellement un petit sachet en plastique en cas de couche explosive à changer en cours de route, une serviette éponge pour les changes (moi j’ai pris carrément mon matelas à langer)…

En résumé, faire de la route avec un tout petit c’est possible! Et même aller en altitude, mais ça, ça sera un prochain article.

Les maîtres mots restent l’organisation et le feeling!! J’ai tout fait à l’instinct et ma petite s’est mangée plus de 1500km sur sa semaine assez facilement… Si on a pu le faire, toi aussi!

Enjoy!

Ce matin là

Y a des matins comme ça où tu te lèves et tu sais que ça ne sera pas ta journée…

Mon matin était un de ceux-là.

J’avais déjà pas bien dormi, outre les réveils incessants de ma miniature j’avais été perturbée par des rêves insensés dans lesquels on me diagnostiquait une sclérose en plaques. Je me demande encore où mon inconscient va chercher autant d’imagination…

Et donc bref, le sixième réveil fut le bon, tu vois celui où tu décolles enfin tes yeux en regardant de loin l’heure qu’il est et en te disant que putain heureusement qu’on a changé les heures sinon il serait une heure de moins!

Une fois bien réveillée j’ai pu écarquiller les yeux une deuxième fois parce que le message que j’avais sur mon téléphone était énorme, surréaliste, inhumain…

Tu le sais peut-être pas mais je vis seule avec ma fille, enfin pas que, elle a aussi 2 frères, des grands.

Et ce matin là, le message c’était son papa à elle qui me faisait connaître ses intentions pour la suite. J’ai cru crever, alors j’ai respiré un grand coup, j’ai relu et j’ai cru crever une deuxième fois.

Je ne vais pas m’éterniser ici sur les détails parce qu’après tout ce ne sont que des détails, c’est chiant et ça n’intéresse personne… Mais je suis anéantie. Je suis anéantie et dans l’incompréhension la plus totale. J’ai une horrible sensation d’injustice et mon p’tit cœur a mal…

Mon matin à moi m’a bousillé ma journée, le sol s’est ouvert sous mes pieds et j’ai sombré dans cette immense faille. Je me suis sentie comme après une rupture, tantôt pleine d’espoir à me raisonner et à y croire, tantôt en larmes absolument pas prête à vivre une quelconque séparation avec ma fille. J’ai oscillé toute la journée et je suis fatiguée, épuisée…

Le coup de poignard d’aujourd’hui me donne la gniak pour demain, parce que moi, comme probablement toutes les mères du monde, si tu touches un cheveu d’un de mes gamins je me transforme. Je redeviens cet animal, cette lionne qui rugit, cette louve qui protège… Me titiller dans ce que j’ai de plus cher c’est mal me connaître. Sous ma carapace de presqu’adulte rigolote je suis tenace, je suis forte, je suis mère.

Je m’accroche à ça.

Je suis mère.

On demande avant de toucher!

Il a soulevé la manche de ma chemise… Ça n’avait l’air de rien comme ça et pourtant ça m’a révoltée toute la journée!

Était-ce bête? Anodin? Maladroit?

Aujourd’hui j’étais simplement assise dans un canapé, avec ma fille de quelques mois dans les bras et nous partagions un petit moment de complicité. J’étais habillée de manière sobre, banale, simple, c’est ridicule mais je me sens obligée de le préciser.

La personne avec qui j’étais, un homme donc d’une trentaine d’année m’a attrapé le poignet et s’est permis de soulever la manche de ma chemise.

Je sais que ça n’a l’air de rien, j’aimerais me convaincre que ça n’a l’air de rien et pourtant je sais au fond de moi que c’est un signe de plus que notre société va mal, qu’à l’heure actuelle les hommes se pensent encore supérieurs aux femmes.

Cet homme a retroussé la manche de ma chemise pour voir mon tatouage, en effet au poignet l’on peut apercevoir un tout petit morceau de tatouage et lorsque l’on est curieux et que l’on guette le moindre détail, ça saute aux yeux.

Il a soulevé la manche de ma chemise et n’a rien dit, il a haussé les sourcils et m’a dévisagée.

Je me suis sentie mal, humiliée, infantilisée, réduite à un statut d’enfant qui aurait fait une connerie. J’ai eu la sensation horrible que mon père venait de découvrir que je fumais en cachette. J’ai eu l’impression d’être une junkie qui sombrait à nouveau et venait de se faire démasquer. J’ai eu cette sensation amère d’être un morceau de viande..

J’ai essayé d’expliquer à mon interlocuteur qu’il n’était ni mon père, ni de la police, ni mon mec et que quand bien même il serait l’un d’eux ou les 3 à la fois(ce qui serait vraiment malsain), on ne touche pas une femme de cette façon là sans le lui demander!

Tu sais ce qu’il m’a répondu?

Avec son sourire le plus narquois et le regard rempli de mépris envers nous, les femmes, « tu n’as qu’à porter plainte pour agression sexuelle »!

J’ai pris cette phrase comme une moquerie envers nous toutes et Moi particulièrement, car mon passé il le connaît. Il le sait que s’il y a bien un truc sur lequel je déconne pas c’est ça… Et dans sa toute puissance d’homme il a osé me lancer ça!

Je me suis retenue de lui coller mes 5 doigts dans la figure et j’ai essayé en vain de faire comprendre au gars en face de moi ce qui n’allait pas dans son comportement.

Et tu sais quoi?

Ben c’est de ma faute!!

C’est la seule explication logique qu’il ait su me donner, c’est que s’il se permet de soulever ma chemise c’est parce qu’un morceau de tatouage dépassait!

Alors depuis tout à l’heure j’essaie de comprendre…

Sous prétexte qu’il fait dépasser son calecif de son froc j’ai le droit de le lui abaisser?

Si je portais une jupe, il a le droit de la soulever?

Parce que je sors mon sein pour allaiter ma fille il aurait le droit de lui aussi se pendre à mes nichons?

Je sais qu’il a juste soulevé la manche de ma chemise, je sais que ça n’a l’air de rien..

Mais c’est mon corps. C’est ma chemise. C’est mon tatouage. C’est mon poignet. C’est mon périmètre de sécurité. C’est ma limite.

Il a juste voulu voir mon tatouage et il a foutu ma journée en l’air.

Il a juste soulevé ma chemise et j’ai tout remis en question.

On ne parle pas juste d’une chemise tu l’auras compris… Je parle de tout ce qu’il y a derrière, de tout ce que cela implique. Je parle de ce mépris envers les femmes, envers nos ressentis et nos émotions. Je hurle mon dégoût.

J’ai 2 garçons et j’ai peur qu’ils soient de ces hommes qui pensent qu’ils peuvent disposer du corps des femmes, du corps même d’une seule femme!

Je n’ai pas l’impression d’aller trop loin dans ma réflexion… Ou alors je suis extrémiste? Féministe? Une extrême féministe?

Cela s’est produit il y a 12 heures et depuis j’ai eu envie de me laver le bras 20 fois, de lui en coller une environ 15 fois, j’ai failli vomir 3 fois, j’en ai parlé pendant 4 heures, j’ai bu 2 verres de vin… Et bordel je suis toujours autant en colère et pleine de dégoût!

C’est normal Docteur?